Mon atelier est un espace très mobile. Il a pu prendre la forme d’un coin de salon, d’une galerie extérieure, d’un jardin, d’un appartement ou d’un cabanon. Aujourd’hui, c’est une maisonnette protégée par les grands arbres de la plage de la Dizac, au Diamant, Martinique.14.27N 61.03W Plage de la Dizac – Le Diamant – Martinique – FWI.
Artistes de passages et visiteurs bienvenus.
Peintures
|RN5
RN5
La série RN5 est une suite de travaux partant d’une inspiration fondée sur l’embouteillage. J’arrête tout de suite les docteurs en psychologie qui affirmeraient qu’il faut être sérieusement obsédé d’embouteillages pour se lancer sur un pareil thème. La réalité , c’est qu’à force de me retrouver dans les encombrements routiers insulaire, je me suis pris à aimer ces instants de solitude et d’indépendance urbaine. Une espèce de syndrome de Stockholm qui m’a conduit à apprécier ce que je ne pouvais empêcher. Et donc, à travers le grand serpent des voitures, j’ai trouvé des pistes et une certaine forme de gaîté. Dans un premier temps, j’ai travaillé de manière classique sur la toile et puis progressivement, les éléments de volume sont apparus et la couleur a disparu. Aujourd’hui, on pourrait résumer cette série comme des mouvements , des transhumances monochromes. Le thème de l’embouteillage est devenu, du coup, très lointain, voire inexistant dans les œuvres récentes. Il s’agit d’un travail à la recherche une certaine légèreté , d’un certain humour, considérant qu’il y a, sur cette terre, suffisamment de sujet graves et d’artistes les exprimant avec talent.
Voilà la promesse à laquelle s’attache une grande part de l’humanité. Michel Polnareff l’a chanté en son temps , “On ira tous au paradis, chez moi, qu’on soit béni , qu’on soit maudit on ira, les femmes du monde et les putains, on ira etc. etc…”.
Ici , “On ira tous au paradis”, c’est une sculpture éphémère réalisée à partir d’un tronc à trois branches amené par la mer lors de la tempête baptisée Thomas au mois de novembre 2010 à la Martinique. Cette oeuvre de land art, est installée dans le marigot du Diamant, c’est à dire dans une partie de mangrove proche de la mer, dans une eau sombre , dense et mystérieuse. Elle est visible depuis la plage. Elle devrait durer quelques semaines. Nous sommes à la mi novembre 2010.
Elle est constitué de trois parties de 2m environ .Avec ses petits cyclistes escaladant chaque tronc, ses couleurs vives et son intégration dans le site naturel, elle apporte sans doute quelque chose .C’est vous qui verrez. Pour y accéder, longez la plage du Diamant sur environ 1km à partir du centre-ville. Le marigot est situé juste au niveau du pont surplombant la petite ravine. Le pont est situé juste avant un repère qui tombe bien, il s’agit d’une croix grise avec des fleurs à ses pieds.
Chacun son tronc, chacun sa vie , chacun son vélo, sa couleur, ses amours, ses barakas, ses chagrins, son destin, mais une chose est sûre, on ira tous au paradis. En vérité, je vous l’affirme .
Manman Dlo
2004 – Manmandlo c’est une sirène de plus de vingt tonnes immergée dans la
baie de Saint Pierre à la Martinique en hommage à la mer et en invitation à
sa protection. Cette sculpture monumentale est constituée d’une tête qui
vous regarde depuis le fond, un peu plus loin on peut apercevoir une
nageoire caudale, comme si le corps de la créature était ensablé. Très
facile d’accès , il suffit de se munir d’un masque et de nager vers la bouée
jaune , juste à l’entrée du bourg de Saint Pierre , face au restaurant «
Fish bo Kay ».Les bons apnéistes ou les plongeurs en bouteille pourront
accéder à la petite grotte à l’intérieur de la sculpture. Attention, il y a
un gardien…souriez-lui.
Manman Dlo Conference
Toutes les îles de la Caraïbe (et d’ailleurs tous les pays maritimes) ont leur mythe de la sirène. Elle s’appelle, Yémaya à Cuba, Simbi ou Agoué en Haïti , Mamiwata au Surinam, Yémanja au Brésil. La légende Martiniquaise s’appelle « Manmandlo » . « Manmandlo Conference » est un rassemblement de Manmandlos installé à 80 m du rivage à la Pointe Marin, Commune de Sainte Anne Martinique.Cette oeuvre est un nouvel hommage de Laurent Valère à la mère de toute les eaux .
A proximité de l’appontement de ski nautique du Club, ce travail est un ensemble sculptural de trois éléments féminins de 4m de hauteur chacun (les Manmandlos) entourant un jet d’eau. Le jet d’eau est monumental et projette de l’eau de mer à 40/50m de haut pendant quelques minutes. L’ensemble constituant une œuvre d’art moderne visible des résidents du Clubmed, de la population environnante et des usagers de la mer (baie de Sainte Anne, Baie du Marin).
L’intention de cette œuvre est de souhaiter la bienvenue au voyageur, c’est aussi un appel au respect de la mer et de son environnement.
Les sculptures en résine et armature métallique, sont fixées au sol marin par une structure métallique avec des fondations par pieux et le jet d’eau est alimenté , par trois puissantes pompes immergées . Une cabine technique est installée à terre et est reliée au dispositif par une alimentation sous marine.
La Fontaine d’Arlets
2009-Sa spirale de béton de 4m incrustée de lamelles de lambi marque la
petite place des marin-pêcheurs des Anses d’Arlets. Elle brumise son petit
nuage de gouttelettes d’eau à heures régulières et fait la joie des enfants.
Le lambi est le symbole de la ville des Anses d’Arlets et cette œuvre
participe à l’aménagement du front de mer. Pour y accéder, suivre la rue
principale jusqu’au marché.
Dans la nuit du 8 au 9 avril 1830, vers 23 heures, un mystérieux bateau de traite clandestine s’est échoué sur les rochers de l’Anse Caffard, au Nord de la ville du Diamant, (au 14.27N 61.03W)à la Martinique, laissant quatre vingt six survivants recueillis par M.Dizac, géreur de l’Habitation La Tournelle. Il semble que personne n’ait jamais pu identifier ce navire, ni son équipage qui aurait entièrement péri dans le naufrage avec un nombre important mais indéterminé enfermés dans les cales.
Les documents historiques précisent toutefois, que les marins-négriers auraient été enterrés au cimetière du Diamant, et que les captifs du bateau l’auraient été à quelque distance du rivage.
Il s’agit du dernier naufrage de navire négrier de l’histoire de la Martinique. Ce fait divers tragique, a pris une dimension historique et symbolique importante pour la ville du Diamant, en 1998, cent cinquante ans après l’abolition de l’esclavage.
Elle a donc confié à Laurent Valère l’édification d’un mémorial sur le site présumé du naufrage , c’est à dire à l’Anse Caffard, au pied du Morne Larcher, face à la mer des Caraïbes.
Cette oeuvre intitulée « Cap 110 Mémoire et Fraternité », communément appelée Cap 110, est une installation sculpturale monumentale , composée de 15 bustes de 2,5m de hauteur faisant face à la mer .
Situation :Au quartier Anse Caffard, sur une falaise faisant face au Rocher du Diamant à 3km au Nord de la Ville du Diamant , dans le Sud de la Martinique. Sur les lieux présumés du naufrage et de l’inhumation d’une quarantaine de noyés Africains.
Forme : L’ensemble de l’œuvre a une forme triangulaire, chaque statue représente le buste d’un homme légèrement penché.
Matériau : Béton armé blanc avec sable et gravillon beige de Trinidad et Tobago.
Fixation : Les statues sont scellées individuellement sur un socle de béton armé avec une fondation spéciale.
Hauteur : 2,5m hors socle.
Largeur : 1,50m.
Profondeur : 0,60m.
Poids : 4,5t par statue , soit 67 t au total.
Précisions
La disposition. L’ensemble compact des statues rappelle l’importance du nombre des victimes de la traite des Noirs. Le rapprochement des bustes les uns des autres cherche à marquer l’idée d’un destin commun. Chaque buste penché rappelle le poids de ces évènements tragiques pour ceux qui les ont subi directement ou indirectement.
L’emplacement face à la mer rappelle que c’est de la mer que venaient les victimes de la traite.
La dimension des bustes. La hauteur importante, 2,5m hors socle de chaque buste contribue à la solennité de l’ensemble de l’œuvre.
Le triangle. La forme triangulaire rappelle le commerce du même nom.
Le Cap 110. L’orientation au cap 110 est celle du Golfe de Guinée d’où venait vraisemblablement le navire.
La couleur blanche. Elle marque le deuil et la dimension funéraire du monument. Aux Antilles et en Afrique de l’Ouest , le blanc est la couleur du deuil et des constructions funéraires.
L’absence de chaînes. Parce que les captifs Africains, morts sur place n’ont jamais été esclaves sur la terre Martiniquaise.
Le Mémorial de l’Anse Caffard est un lieu de visite et de partage culturel et historique très fréquenté. Les visiteurs et la populations l’ont vite adopté. Tous les 22 mai (fête de l’abolition de l’esclavage à la Martinique) des manifestations populaires s’y déroulent. A la Toussaint les Martiniquais illuminent le monument , en souvenir des disparus.CAP 110 Mémoire et Fraternité a été installé sur les lieux le 12 mars 1998 et inauguré le 22 mai 1998.
Cap 110 - Edouard Glissant 1999
« Chacun s’étonne qu’aucune trace convaincante de ce naufrage d’un bateau négrier clandestin n’ait été retrouvée dans les
Archives, ni aucun témoignage sur le déplacement, vers Fort de France et ensuite La Guyane, des quatre-vingt six survivants africains. Sans doute un chercheur retrouvera-t-il un jour les procès-verbaux du convoi de ces personnes apparemment sans identité ni appartenance. Au moins savons-nous qu’elles étaient Ibos, d’une nation réputée entre toutes pour sa résistance à la Traite négrière et à l’esclavage. Est-il plausible que pas un membre de cet équipage, qui disposait de la liberté de ses mouvements et de moyens de sauvetage appréciables, n’ait survécu ? Faut-il retenir qu’il y en eut quelques-uns, qui furent aussitôt soustraits à l’attention du public à cause de
ce caractère illégal de leur trafic, financé peut-être par des bailleurs de fonds locaux ? Pourquoi, de la masse des captifs, une si forte proportion de femmes, généralement très minoritaires dans ce genre de cargaison a-t-elle pu être sauvée ? Les survivants se sont-ils obstinés à ne rien dire aux enquêteurs, et pourquoi ? La vérité de l’imaginaire, qui est peut-être celle de l’histoire, nous suggère cette seule réponse à tant de question : Les Ibos, protégeant leurs femmes, ont suicidé ce bateau négrier clandestin, et l’ont rendu invisible jusqu’à nos jours. Les quinze statues sortent de terre avec une retenue et une dignité qui émeuvent. Bras collés au corps, la tête légèrement penchée, elles évoqueraient en bien moins colossal les statues de l’île de Pâques, si elles ne regardaient pas avec une telle intensité, nous semble-t-il, vers la mer où ont chaviré tant de bateaux bourrés de nègres enferrés. L’ensemble est blanc, la couleur africaine du deuil, et il faut croire que les vents de mer le teinteront peu à peu de grèges. Le peuple de Martinique visite ces géants de pierre dont la mesure est si humaine, il est grave et silencieux comme eux, la marmaille joue alentour, le poète vient et revient les visiter, pour méditer avec eux la mémoire des Eaux Immenses ».
Pierre Pinalie 1998. Abolir le mal.
Aujourd’hui décédé, Pierre Pinalie a écrit ce texte d’un trait, juste après avoir visité le chantier d’installation de Cap 110 en février 1998.
« Face au rocher- vaisseau du Diamant, stigmate dressé d’une ancienne puissance coloniale, quinze blanches silhouettes hurlent silencieusement leur appétit de respirer libres. Tournées vers la mer qui les a amenées, prisonnières, sur ces rivages, bien plantées dans la terre martiniquaise devenue la leur, elles clament la souffrance. La masse imposante de chacune d’elles, à l’image d’un totem, force l’espoir dans la revendication muette, exigence d’esclave qui ne tolère plus ramper sous le joug. La tête inclinée vers le sol, le corps fiché dans le socle du malheur, chacune a laissé pendre ses bras jusqu’à ramasser la dignité en allée. Chacune s’apprête à rebondir hors du champ imposé par la volonté de l’Autre, parce qu’il n’est pas tolérable de demeurer attaché au sillon comme une bête de somme. Immeuble par destination, chaque silhouette – esclave semble gronder comme un volcan compressé et alimenter un feu intérieur, le brasier séculaire de l’homme sans nom, sans âme et sans destin. Et ces quinze êtres niés composent une horde prête à se muer en cohorte d’assaut pour hisser, enfin, un jour d’abolition, l’oriflamme de la liberté arrachée. Créatures blanches, ils avaient perdu la couleur noire de leur continent sous la négation aveugle de ceux qui ne les voyaient point humains. Mais le blanc n’est que le résultat du kaléidoscope de toutes les autres colorations. Cette teinte n’est que le désir, ici, de nier les hiérarchies coloristes, car l’homme est Un sous le chatoiement des épidermes, et n’existe que dans la grandeur de son esprit. Et le petit triangle des effigies isolées sur une langue de terre, là où accosta le dernier bateau négrier, redessine sous les étoiles la vaste Géométrie du commerce maudit entre trois continents. Figures sans visages sans traits, corps sans sexes, la troupe compacte de ces menhirs vivants esquisse le symbole têtu d’une résistance éternelle, celle de la vie qui ne veut pas s’éteindre, de la raison qui refuse le diktat, de la liberté qui aspire à briser les fers. On est ici au centre du cercle magique tracé par le compas de l’espoir dans l’indestructible architecture d’un univers où l’esclavage n’a pas sa place. Et dans l’embrasement des mille soleils irradiants sous la lumière de la pensée, la planète Terre ne devra plus porter d’esclaves. A jamais ».
Laurent Valère
Bio
1959 . Date de naissance. 1980. Exposition Maison des Provinces de France. Cité Universitaire. Paris. 1983. DESS de droit des affaires. 1990. Exposition Galerie « La Poutre », Fort de France Martinique. 1991. Exposition collective. « Art Entreprise », Rotary Club de Fort de France Sud. Martinique.
1992. Exposition collective Mairie de Paris.
Antigua Art Show (Antigue). 1993. Salon des Indépendants. Paris.
Exposition collective à Castries, Sainte Lucie). 1996. Expositions collectives « Jérusalem 3000 » Conseil Général de la Martinique.
Exposition à « La Maison Créole » Art Galerie. Martinique. 1998.Réalisation de la sculpture monumentale CAP 110 MEMORIAL DE L’ANSE CAFFARD.
Exposition collective Conseil général de la Martinique. 2001. Réalisation de l’immeuble Flore Gaillard. Fort de France. Martinique. 2002. Exposition d’œuvres diverses au Marché d’Art Contemporain du Marin. 2003. Exposition Flore Gaillard au Marché d’Art Contemporain du Marin.
Exposition collective IFC Téléthon Mairie du Marin. 2004. Exposition collective « Parcours d’Art ». Installation de la sculpture MANMANDLO à 10m de profondeur dans la baie de Saint Pierre,Martinique. 2005. Marché d’Art Contemporain du Marin. 2006. Installation de la sculpture MANMANDLO CONFERENCE, à Sainte Anne, Martinique. 2008. Marché d’Art Contemporain du Marin 2009. Marché d’Art Contemporain du Marin
Réalisation de la sculpture brumisante LA FONTAINE D’ARLETS, ville des Anses d’Arlets, dans le Sud de la Martinique. 2010. Pool Art Fair Basse-Terre, Guadeloupe.
Partenariats
Fondation Clément, Drac,Conseil Régional de la Martinique, Groupe SEEN,Ciments Lafarge, Carrières Gouyer, Genedis.
Galerie
Représenté à Port au Prince Haïti par la Galerie Réginald Cohen, Avenue John Brown, Port au Prince, Haïti.
Prix et distinctions 4° Prix de l’exposition des artistes d’outre mer.1992.
Antigua. Award « Most original concept ».1992.
ONM.1999.
Mon invité
Mon invité c’est LLewelyn Xavier, dire qu’il est l’un des grands de la Caraïbe serait verser dans une classification géographique artificielle. Xavier est un immense artiste universel.
C’est un modèle. Mais trêve de mots découvrez-le sur :